Vers l’instauration d’une carte pour les carburants

Subventions ciblées

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Par Essaïd Wakli

Avant d’être adoptée par l’APN, la loi de finances complémentaire 2020 est en train d’être examinée par les membres de la commission des finances de la chambre basse. 

 

Une occasion pour le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya de faire des annonces. A commencer par celle de cibler les subventions notamment des produits pétroliers. 

Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, a annoncé que le gouvernement va mettre en place, d’ici la fin de l’année, une carte de carburants de sorte à mieux «cibler les subventions». «Nous étudions la manière qui nous permettra de donner des cartes aux citoyens de sorte à avoir un prix subventionné du carburant. Mais une fois la quantité donnée est épuisée, le conducteur paiera le prix réel», a indiqué le ministre.

Le ministre, qui s’exprimait hier devant les membres de la commission des finances de l’APN, a indiqué que les autorités étaient conscientes que la hausse annoncée des prix des carburants risque d’entraîner l’augmentation des prix d’autres produits à l’image des transports de personnes et de marchandises. «Nous allons sensibiliser les transporteurs pour éviter une augmentation des prix», a tout simplement indiqué le ministre sans aucune autre explication.

Sur un autre volet, le ministre des Finances a précisé que les autorités n’avaient pas l’intention de plafonner les quotas des importations de voitures. «Chaque concessionnaire pourra importer autant de voitures qu’il peut. Nous allons éviter l’octroi de quotas pour éviter des pratiques de passe-droits», a indiqué le ministre. Selon lui, cette mesure visait notamment à créer une offre en véhicules neufs aux citoyens pour remplacer l’absence de l’offre de voitures «montées» localement. «L’achat de voitures neuves s’ajoutera à la possibilité d’importer des voitures d’occasion, déjà prévue dans l’actuelle loi de finances. Cela nous permettra de préparer le terrain à une véritable industrie locale. Toutefois, cela prendra jusqu’à trois ans», précisera le ministre des Finances qui défendait le projet de la loi de finances complémentaire 2020.

Pour tenter de limiter l’importation de véhicules neufs et d’épargner ainsi les réserves de change, les autorités comptent les augmentations prévues dans les taxes sur les véhicules neufs. Cela va de 100 000 DA jusqu’à 1 million de dinars pour certains types de véhicules. De plus, l’importation des véhicules d’occasion par les particuliers permettra d’utiliser une partie des devises qui circulent dans l’informel.

Lors des débats, une bonne partie des députés a rejeté le principe d’une augmentation des prix des carburants. Certains estiment que pour renflouer les caisses de l’Etat, les autorités peuvent chercher de l’argent chez les barons de l’informel dont l’activité constitue quasiment la moitié de l’économie nationale. 

Dans la loi de finances complémentaire 2020, le gouvernement a, en effet, introduit de nouvelles taxes sur les produits pétroliers. Cela donnera ainsi une forte augmentation des prix des carburants. Surtout l’essence sans plomb et le gasoil. En plus de son utilisation dans les véhicules touristiques, l’augmentation des prix du gasoil impactera les transporteurs de voyageurs et de marchandises. Les prix de ces services risquent donc augmenter. 

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