Vers l’interdiction d’importer des produits fabriqués localement

Commerce extérieur

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Pour sauvegarder la production nationale, le gouvernement veut reproduire la fameuse interdiction d’importer les produits fabriqués localement. 

 

Le chef de l’Etat a d’ailleurs instruit le gouvernement dans ce sens lors du dernier Conseil des ministres.

Selon le communiqué du Conseil des ministres, Abdelmadjid Tebboune a recommandé la mise en place d’un guide statistique pour promouvoir la production nationale avec l’interdiction d’importer les produits fabriqués localement, dans l’objectif de protéger le produit national et réduire la facture d’importation. Il a notamment souligné l’impératif de réduire la facture d’importation des médicaments, en encourageant la production locale et en soumettant les produits pharmaceutiques importés à la certification pour la protection de la santé des citoyens. Mais les mesures de protection de la production nationale et de défense commerciale «doivent être envisagées avec intelligence et dans le respect des engagements commerciaux internationaux», a noté M. Tebboune

Si les importations doivent être maintenues, le chef de l’Etat demande un contrôle strict des produits achetés de l’extérieur. La création de laboratoires au niveau de tous les accès frontaliers, ports et aéroports en collaboration avec le ministère de la Santé, en associant l’université, en vue du renforcement des mécanismes de contrôle des importations alimentaires selon les normes internationales, a été en outre recommandée. Le chef de l’Etat a ainsi appelé les autorités à créer des laboratoires au niveau de tous les accès frontaliers, ports et aéroports en collaboration avec le ministère de la Santé, en associant l’université, en vue du renforcement des mécanismes de contrôle des importations alimentaires selon les normes internationales.

Tout en insistant sur la nécessité de prendre des mesures «urgentes» en vue de booster les exportations hors hydrocarbures, Abdelmadjid Tebboune a demandé au gouvernement de revoir certains accords bilatéraux signés avec d’autres pays. Il s’agit essentiellement de l’évaluation des accords commerciaux internationaux et des relations commerciales bilatérales et multilatérales, la rationalisation des importations, la protection du produit national et l’encouragement des exportations «hors hydrocarbures».

Le pays n’importe pas que des marchandises. Même dans l’importation des services, des fraudes sont souvent constatées. C’est ainsi que Abdelmadjid Tebboune a insisté sur la nécessité d’instaurer un contrôle strict afin d’éviter les situations dramatiques engendrées, par exemple, par les appareils de chauffage, ordonnant une enquête approfondie à cet égard. 

Rien que dans le domaine de l’automobile, durant les neuf premiers mois de 2019, l’Algérie a importé pour 2,3 milliards de dollars de kits SKD destinés au montage automobile des véhicules de tourisme et du transport du personnel et de marchandises. En 2018, la facture globale d’importation des collections CKD/SKD destinées au montage de véhicules s’est chiffrée à plus de 3,73 milliards de dollars, contre 2,2 milliards en 2017, en hausse annuelle de 1,53 milliard de dollars (+70%), a rappelé le Conseil des ministres.

Par Essaïd Wakli

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