Vers un traité international contre le recours des NTIC à des fins criminelles

L'ONU ouvrira des négociations en 2020

0 96

A l’initiative de la Russie, accusée de vouloir «museler» internet, l’assemblée générale de l’ONU a adopté avant-hier une résolution controversée prévoyant la rédaction d’un traité international contre «le recours aux technologies de communication et d’information à des fins criminelles».

Ce projet a été combattu en vain par les Etats-Unis, les Européens et des ONG qui le voient comme un moyen de pouvoir restreindre l’utilisation d’internet et la liberté d’expression sur les réseaux sociaux.

La résolution, qui prévoit la création en 2020 d’un comité intergouvernemental chargé de la rédaction du futur traité, a été adoptée par 79 pays.

Soixante Etats ont voté contre, 33 pays se sont abstenus.

Outre la Chine, le Belarus, le Cambodge, la Corée du Nord, la Birmanie, le Nicaragua et le Venezuela étaient co-parrains de cette résolution. Aucune échéance n’a encore été fixée pour approuver le futur traité.

«Avec l’idée d’une convention mondiale, les Russes veulent au passage imposer des restrictions sur internet», déplore un diplomate occidental s’exprimant sous couvert d’anonymat.

Un traité restrictif pourrait faciliter l’arrêt des accès à internet et renforcer le contrôle de ses utilisateurs dans certains pays, craignent des experts. Moscou s’est défendu de toute arrière-pensée, Pékin a évoqué un «vide juridique» à combler.

«C’est une mauvaise idée si l’objectif est de développer une convention qui permet à des pays de fermer légalement internet et de pratiquer la censure tout en criminalisant la libre expression», résume Louis Charbonneau, de l’ONG Human Rights Watch.

Si un nouveau texte est approuvé, il pourrait à terme rendre caduque la Convention de Budapest, s’inquiètent aussi les détracteurs de l’initiative russe.

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.