Vers une alliance continentale africaine pour l’ouverture sur la concurrence

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La situation d’oligopole sur les produits de la technologie incriminée

La non-adaptation de la législation régissant le domaine de la concurrence avec les évolutions du marché, surtout international, fait perdre à l’Algérie de la plus-value et des sorties de devises qui pouvaient être orientées vers d’autres utilisations rentables dans le sens de la réalisation de projets, la création d’entreprises et l’amélioration de la prise en charge de la demande nationale, pour des produits essentiellement importés de l’étranger.


Par Abdelkader Mechdal Economiste

En fait, c’est l’un des rôles de l’intervention de l’Etat qui fait défaut, d’une part par incompétence technique quand il s’agit de domaines à réguler et qui suscitent une maîtrise technologique bien à la pointe, sinon par non appréciation des bienfaits de la libre entreprise, d’une autre part, ce qui se traduit en adoptant de la réglementation peu compatible avec les aléas du marché, et avec la protection des intérêts des opérateurs économiques dans leur propre marché interne.

Le problème soulevé par la Conférence des Nations unies pour le commerce et le développement (Cnuced), concernant la situation de domination exercée par les plus grosses pointures technologiques au monde, est tellement problématique dans un contexte où le domaine du numérique en relation est en situation d’oligopole exercée par des entreprises de nombre très réduit, sur un marché mondial serré en termes d’ouverture de chances de création d’activités similaires par de nouvelles entreprises. Cette situation a fait que des pays, comme les Etats-Unis d’Amérique ou l’Union européenne, ont eu recours à la taxation pour réduire l’impact joué par la situation de domination, et la législation américaine est arrivée au point d’appliquer la célèbre loi anti-trust pour découper des entités considérées en état de monopole, et permettre l’émergence de nouvelles entités capable de permettre l’entrée en activité à de nouveaux opérateurs. 

Dans des pays comme l’Algérie, il y a lieu de poser le problème de la rigidité de la réglementation qui se trouve dépassée par les évolutions sur le marché, puisque les textes élaborés ne tiennent pas compte des nouveaux produits et pratiques dans un contexte très innovateur, ce qui fait échapper toute possibilité de contrôle sur les agissements monopolistiques des grosses pointures dans le domaine. Cette situation fait que le domaine technologique devient tellement fermé que les entreprises algériennes n’auront pas cette chance de le pénétrer, faisant ainsi une situation où l’Algérie va perdre l’opportunité de s’ouvrir sur une activité de forte valeur ajoutée. Mais, le problème qui se pose est en relation avec quel degré de marge de manœuvre que détient le pays, pour faire face à ce problème crucial.

Là, il s’agira au premier lieu de permettre aux instances publiques chargées de la régulation du domaine technologique de se doter des moyens techniques et humains à même de suivre et contrôler l’impact de l’existence des produits issus de l’activité des grosses pointures internationales sur le marché domestique, afin de leur tirer des concessions en faveur d’opérateurs nationaux et la production de valeur ajoutée sur le sol algérien. Au second lieu, et c’est de l’avis même du Conseil national de la concurrence, il faudra peut-être aller vers une alliance continentale africaine, pour mieux aborder le problème dans un contexte d’un marché élargi, et faire face à l’ordre autoproclamé par les grandes sociétés internationales, ce qui va dans une nouvelle logique dépassant les intérêts nationaux de chaque pays séparé.

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